IAS/IFRS, le gonflement des actifs ou du coût historique à la juste valeur intégrale (7)
IAS/IFRS, the inflating of the assets or from historical cost to global fair value
Par Bernard Chauveau
Maître de Conférences
CRECCI-IAE de Bordeaux IV et GREFIGE-CEREMO de Nancy2
Plan de l'article :
Introduction
Propos liminaires
1. L’évolution des normes de consolidation
1.1. Un périmètre de consolidation qui s’accroît
1.2. De la méthode d’intégration à la valeur comptable à celle à la juste valeur intégrale
2. L’évolution des actifs
2.1. La nature des actifs comptabilisables s’élargit
2.1.1. La condition de ressources attendues
2.2. Le traitement des actifs corporels de production et des actifs incorporels
2.3. La valorisation des éléments acquis, produits ou échangés
2.4. Le plus visible, les actifs financiers
3. L’évolution de la définition " Dettes/capitaux propres "
Conclusion
Bibliographie
2.1.2. La notion de contrôle
2.1.3. Le caractère identifiable
Nota : les caractères gras du plan correspondent à la partie traitée de l'article.
Partie fondamentale de l’équation des capitaux propres, l’actif a connu une très importante évolution que nous analyserons en (1) la nature des actifs comptabilisés, (2) leur traitement et (3) leur évaluation.
2.1. La nature des actifs comptabilisables s’élargit
A l’origine, la notion d’actifs est centrée sur les seuls éléments corporels. Ainsi peut-on lire dans l’IAS 2 de juillet 1975 (§5) que " les stocks constituent une part importante des actifs de nombreuses entreprises " et dans l’IAS 16 de 1981 (§6) que " les immobilisations corporelles sont les éléments d’actif … ". Les éléments incorporels ne sont alors pas réellement définis, même avec la publication de l’IAS 9 de 1978 qui considère les frais de recherche et de développement comme des charges qui sont simplement " reportées ", si les frais de développement sont inscrits à l’actif (§17). Dans le Framework (§56), par contre, il est précisé que " … l’existence physique n’est pas essentielle ; aussi, des brevets et des droits de propriété littéraire sont-ils des actifs… "., mais ce n’est réellement qu’à partir du Draft Statements of Principles de 1994 qu’une normalisation de cette catégorie d’actifs est initiée, l’aboutissement étant la norme 38 de 1998. Les diverses définitions successives comprennent trois critères principaux 1 qui n’ont eu qu’une stabilité apparente : les ressources, leur contrôle, et le caractère identifiable.
2.1.1. La condition de ressources attendues
Dans l’IAS 9 de 1978 il est fait mention pour la première fois des ressources escomptées (§18) : " l’inscription à l’actif des frais de développement d’un projet … doit être limitée au montant qui … peut être raisonnablement couvert par des produits futurs correspondants ". Il semble que l’apparente avancée de l’IAS 9 soit surtout due à l’application de ce qui est encore un principe comptable généralement admis, la prudence, qui deviendra une simple " caractéristique qualitative " avec le Framework.
Mais, dans la norme suivante, l’IAS 16 de 1981 (§6), la définition ne porte que sur l’utilisation, sans aucune mention relative aux ressources attendues. C’est avec le projet E43 de mai 1992 (§8), puis la version révisée de 1993, qu’elle apparaît dans des termes qui seront toujours repris depuis comme règle de comptabilisation : " 8.(a) … il est probable que des avantages économiques associés à cet actif bénéficieront à l’entreprise ".
C’est dans le Framework (§49.a) que la notion d’actif est définie clairement par rapport aux ressources attendues et contrôlées : " l’actif est une ressource contrôlée par une entité du fait d’événements passés et dont on attend des avantages économiques futurs pour l’entité ", ce qui met fin à une définition centrée sur les moyens.
La plus grande difficulté porte incontestablement sur les ressources liées aux éléments incorporels et ce problème est clairement posé dans le Draft Statement of Principles de 1994 (§34 à §37). Il suggère que le futur texte comporte des critères de prise en compte que l’on retrouve ensuite dans le projet E50 de 1995 (§23 à §26) puis dans le E60 de 1997 (§20 à §24). Par contre, la version de l’IAS 38 en 1998 ne lui consacre plus qu’un seul paragraphe très court (§17) permettant de tenir compte, pour la détermination des avantages attendus, de la réduction des coûts ou " des autres avantages qui résultent de l’utilisation de l’actif par l’entreprise ". Dans le projet E50 de 1995 (§23 à §26), la notion, fondée sur le jugement, comprend la démonstration du rôle de l’actif incorporel dans la création de ressources futures ou la possibilité qu’il en entraîne un accroissement. Mais (§26) il constate également que, si les actifs corporels peuvent souvent avoir plusieurs utilisations différentes, ce n’est généralement pas le cas pour les éléments corporels qui ne peuvent être démembrés pour être vendus, ce qui augmente la difficulté d’évaluer les ressources attachées et, par conséquent, de les comptabiliser ou non. Le projet suivant E60 d’août 1997 ajoute que (§23) des études peuvent montrer l’évidence de la contribution aux ressources mais (§24) que leur existence doit être démontrée par un business plan ainsi que par la possibilité de mener l’opération à son terme. La version révisée de l’IAS 38 de 1998 (§17) précise que la ressource comprend le montant d’une vente éventuelle, les économies de coûts et " les autres avantages résultant de l’utilisation de l’actif par l’entreprise ". Le domaine potentiel, étant plus flou, s’en trouve de ce fait agrandi. Le texte est repris intégralement dans le projet de 2002 puis dans la révision de 2004 actuellement en vigueur.
1
En dehors de la nécessité d’une évaluation fiable.Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires - Partager