Lundi 19 février 2007
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Projets en cours de discussion : une petite réforme de l’IAS 39
Le Board est en train d’étudier une réforme limitée de l’IAS 39 relative aux opérations de couverture. Nous en profiterons pour illustrer les règles actuelles.
Dans un premier temps, la version initiale du projet de l’IAS 39 prévoyait qu’une opération de couverture concernait un actif financier particulier couvert par un produit dérivé précis. Le lien entre les deux était obligatoirement défini, à l’origine et pour l’ensemble couvert. De plus, l’opération ne pouvait être considérée comme une couverture que si la variation de l’actif couvert et de la couverture respectait l’écart 80/125 (voir exemple ci-après).
Le lien devait être défini actif par actif, ce qui interdisait de reconnaître comme " couvert " un ensemble de créances renouvelables. Lorsqu’une créance couverte arrivait à échéance, une nouvelle opération de couverture devait être reconnue avec la nouvelle créance qui la remplaçait (par exemple lors d’opérations régulières d’escomptes d’effets de commerce par une banque).
Lors de la négociation très serrée avec l’Union européenne pour que l’IAS 39 soit validé, il a été accepté, entre autres modifications, qu’une opération de couverture pouvait concerner une partie seulement d’un actif financier et porter sur un ensemble d’actifs renouvelables (une partie d’un portefeuille de créances par exemple).
Pour qu’une partie d’un actif soit couvert, il faut que le risque couvert soit un risque de taux, de change, de crédit, de pré-paiements et de cash flows (dans des cas spécifiques). La partie couverte ne pourrait pas être l’ensemble des cash flows de l’actif pour tous les risques ni tous les cash flows de l’ensemble d’un actif pour les variations relatives à un ou plusieurs risques spécifiques.
- Dans le premier cas, il ne pourrait pas être démontré un lien entre la variation des cash flows et chacun des risques réputés couverts.
- Dans le second, il s’agit d’une opération de couverture totale.
Si ces points ne sont pas contestés, le texte admet aussi de considérer " d’autres parties " comme couvertes. Sur ce point, la norme actuelle reste imprécise et il semble nécessaire de la préciser les situations spécifiques de son application et de la limiter aux risques définis précédemment (Taux, change… ).
Extraits de l'IAS 39
78. Un élément couvert peut être un actif ou un passif comptabilisé, un engagement ferme non comptabilisé, une transaction prévue hautement probable, ou encore un investissement net dans une activité à l’étranger. L’élément couvert peut être (a) un unique actif, passif, engagement ferme, transaction prévue hautement probable ou investissement net dans une activité à l’étranger, (b) un groupe d’actifs, de passifs, d’engagements fermes, de transactions hautement probables ou d’investissements nets dans des activités à l’étranger présentant des caractéristiques de risque similaires, ou (c) dans le cas d’une couverture du seul risque de taux d’intérêt d’un portefeuille, une part du portefeuille d’actifs financiers ou de passifs financiers soumis à ce même risque ainsi couvert.
Désignation d’éléments financiers comme éléments couverts
81. Si l'élément couvert est un actif financier ou un passif financier, il peut être couvert quant aux risques associés pour une partie seulement de ses flux de trésorerie ou de sa juste valeur (comme un ou plusieurs flux de trésorerie contractuels définis ou des portions de ceux-ci ou un pourcentage de la juste valeur), pour autant que l’efficacité puisse être évaluée.
88. Une relation de couverture remplit les conditions requises pour l’application de la comptabilité de couverture conformément aux paragraphes 89 à 102 si, et seulement si, toutes les conditions suivantes sont réunies :
- A l’origine de la couverture, il existe une désignation et une documentation formalisées décrivant la relation de couverture ainsi que l’objectif de l’entité en matière de gestion des risques et de stratégie de couverture…
- L’on s’attend à ce que la couverture soit hautement efficace (voir paragraphes AG105 à 113 de l’annexe A) dans la compensation des variations de juste valeur ou de flux de trésorerie attribuables au risque couvert, en accord avec la stratégie de gestion des risques décrite à l'origine pour cette relation de couverture particulière…
Appréciation de l’efficacité de la couverture
AG105. Une couverture est considérée comme hautement efficace seulement si les deux conditions suivantes sont réunies :
(a) Au début de la couverture et au cours des périodes ultérieures, on s’attend à ce que la couverture soit hautement efficace pour compenser les variations de juste valeur ou des flux de trésorerie attribuables au risque couvert pendant la période pour laquelle la couverture est désignée. Cette attente peut être démontrée de diverses manières, notamment par comparaison des variations passées de la juste valeur ou des flux de trésorerie de l’élément couvert attribuables au risque couvert et des variations passées de la juste valeur ou des flux de trésorerie de l’instrument de couverture, ou en établissant la preuve d’une corrélation statistique forte entre la juste valeur ou les flux de trésorerie de l’élément couvert et ceux de l’instrument de couverture. L’entité peut également choisir un taux de couverture différent de l’unité afin d’améliorer l’efficacité de la couverture comme indiqué au paragraphe AG100.
(b) Les résultats réels de l’opération de couverture se situent dans un intervalle compris entre 80 et 125%. Par exemple, si les résultats réels se traduisent par une perte, enregistrée sur l’instrument de couverture, de 120 UM et par un profit, réalisé sur les instruments de trésorerie, de 100 UM, la compensation peut être mesurée par le ratio 120/100, soit 120% ou 100/120, soit 83%. Dans cet exemple, si l’on suppose que l’opération de couverture répond à la condition énoncée en (a), l’entité conclurait que la couverture a été hautement efficace.
Exemple d’opération de couverture et des problèmes de couverture partielle
Une banque possède un portefeuille de créances dont la durée moyenne est de 90 jours et qui représente un montant assez constant de 1 000. Elle décide de couvrir un risque de taux pour seulement la moitié de son portefeuille de créances et effectue une opération spécifique pour 6 mois. En cas de variation du risque, l'actif évoluerait de 10 % et la couverture de 11 % (en sens inverse, bien entendu).
Pour qu’une opération puisse être qualifiée de couverture, le texte initial du projet d’IAS 39, comme sa version définitive, impose que la variation de l’actif couvert et de la couverture soit comprise entre 80 % et 125 %. Ainsi une créance subissant une variation de 100 doit être compensée par une évolution de la couverture comprise entre 80 et 125.
Dans l’exemple présent, la version initiale du projet imposait de retenir l'ensemble de l'actif et, pour une évolution de 10 %, l'actif varierait de (1 000 * 10 %) = 100 et la couverture de 400 * 11 % = 44. L'opération ne pouvait pas être considérée comme une opération de couverture car elle ne respectait pas la fourchette 80/125 : 100/44 = 272 % ou 44/100 = 44 %. L'actif continuait à être comptabilisé selon ses règles propres (coût amorti ou juste valeur avec la variation en capitaux propres ou en résultat) alors que la couverture constituait un produit dérivé comptabilisé en juste valeur avec la variation dans le compte de résultat.
La version actuelle permet de définir la partie d'actif (la moitié) comme couvert car la variation couverte est de 1 000 * 10 % * 1/2 = 50. Le taux de couverture est de 50/44 = 114 % ou 44/50 = 88 %. L'autre partie des actifs (non couverte) reste soumise à ses règles comptables propres.
En principe, la désignation s'effectue élément (actif ou passif) par élément et la durée de l'opération de couverture est limitée à la plus courte de la durée de l'élément couvert o(créances de 90 jours) ou de l'instrument de couverture (6 mois), soit 90 jours.
S'agissant d'un risque de taux, il est possible de retenir un portefeuille d'une valeur constante de 1 000 couvert pour 6 mois.