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PROJETS DE NORMES IAS/IFRS

Lundi 21 novembre 2011 1 21 /11 /Nov /2011 19:12

En novembre 2011, l’IASB a publié l’exposé-sondage ED/2011/6 destiné à remplacer L’IAS 11, contrats de construction et l’IAS  18, produits des activités ordinaires. Des dispositions complémentaires devraient modifier les IAS 16 et 40 pour rendre la comptabilisation des gains et pertes lors de transferts de biens dans le cadre de l’activité ordinaire.

 

Les produits visés concernent les ventes de biens et de services, les contrats de construction, les licences et droits sur des actifs incorporels. Par contre sont exclues les locations, les assurances, les instruments financiers et certains échanges de biens.

 

Dans le cadre de ce nouveau texte, l’entité devrait suivre 5 étapes pour l’évaluation et la comptabilisation en 5 étapes :

 

Etape 1 : identification du contrat avec le client

Le contrat, entre deux personnes ou plus, peut être écrit, oral ou découler de pratiques commerciales habituelles et est exécutoire.

 

 

Etape 2 : identification des obligations comprises dans le contrat

 

La performance à réaliser est l’obligation de fournir au client des biens ou des services. Si le contrat comporte plusieurs obligations, elles ne se traitent séparément (en plusieurs contrats) que si elles distinctes les unes des autres : l’entité vend ces biens ou services séparément ou le consommateur trouve ailleurs de tels biens ou services.

 

Exemple : vente de services A+B. Si l’entité, ou un concurrent, vend séparément des services A et B, les opérations sont distinctes et forment deux contrats. Sinon il s’agit d’un seul contrat.

 

Etape 3 – détermination du prix de transaction

 

Le prix de transaction est le montant que l’entité doit recevoir en espèces ou en nature à l’exception des montants revenant à des tiers (par exemple la TVA). Si le prix est variable, il doit être estimé. Dans la mesure où le paiement est à crédit, le montant doit être actualisé si l’incidence est significative. Par contre, le risque d’insolvabilité n’est pas intégré dans l’évaluation du prix de transaction. Il se traite conformément aux dispositions de l’IFRS 9 (encore en discussion) et de l’IAS 39.

 

Etape 4 : allocation du prix de transaction aux diverses obligations

 

Si le contrat comporte plusieurs obligations, le prix de transaction doit être réparti sur chacune d’entre elles à la date de réalisation de chacune des obligations.

Exemple : un contrat prévoit un service A suivi d’un service B traités en un seul contrat. Le prix de transaction (de vente) doit être réparti entre les phase A et B en tenant compte des particularités de chaque phase (délais de réalisation et modalités de paiement).

 

Etape 5 : enregistrement du produit lorsque l’entité satisfait à ses obligations

 

Si l’exécution du contrat ne comporte pas de délai (vente d’un objet existant, prestation de service immédiate), le produit est comptabilisé dès transfert du contrôle. Le texte ne précise pas les conditions d’un tel transfert mais en donne des exemples non limitatifs (droit au paiement, transfert du droit sur le bien, possession physique du bien par le client, transfert de l’essentiel des droits et obligations, acceptation de l’actif par le client).

 

En cas d’exécution sur une période de temps, le produit est comptabilisé lors de la réalisation partielle si deux conditions sont remplies :

  • La réalisation crée un actif que le client contrôle (sinon c’est un stock) ;
  • L’actif créé n’a pas d’utilisation alternative (sinon, il faut attendre que le choix ait été fait). Ceci se vérifie si le client consomme le bien, si une autre entité n’aurait pas besoin de reproduire la performance pour continuer le contrat ou si l’entité a droit aux paiement de la partie de prix total.

Si le contrat est déficitaire et a une durée supérieure à un an, l’entité doit comptabiliser une charge et une dette pour l’excédent de coût sur le prix de transaction (ceci existe déjà dans l’IAS 11).

 

Frais de conclusion d’un contrat :

 

Lorsque l’entité supporte des frais pour contracter un contrat commercial, elle doit en premier inscrire ceux-ci en stock ou en immobilisations corporelles ou incorporelles si les conditions sont respectées. Le reste éventuel de frais (commissions, études… ) supportés pour obtenir le contrat et ceux qui n’auraient pas été supportés si celui-ci n’avait pas été contracté sont inscrits à l’actif et amortis en fonction de l’exécution des obligations (c’est-à-dire en fonction des produits comptabilisés)

Par CHAUVEAU BERNARD - Publié dans : PROJETS DE NORMES IAS/IFRS - Communauté : actualités financières
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Mercredi 9 novembre 2011 3 09 /11 /Nov /2011 19:02

En octobre 2011, l’IASB a publié l’exposé-sondage ED/2011/5 destiné à amender l’IFRS 1 lors de la comptabilisation, pour la première fois, des prêts publics à un taux inférieur au marché.

 

L’IAS 20 impose que de tels prêts soient comptabiliser, à l’origine, à leur juste valeur. L’amendement à l’IFRS 1 permettrait de conserver les évaluations antérieurs des prêts déjà existants lors du passage aux IFRS et n’appliquer la règle de juste valeur que de façon prospective pour les nouveaux prêts.

 

Il serait toutefois possible de retenir la juste valeur pour l’évaluation d’un prêt existant à condition de connaître celle-ci au jour de souscription du prêt (et non de passage aux IFRS). L’application serait alors rétrospective.

Par CHAUVEAU BERNARD - Publié dans : PROJETS DE NORMES IAS/IFRS - Communauté : Comptabilité
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Lundi 29 août 2011 1 29 /08 /Août /2011 17:01

L’IASB vient de publier en août 2011 un exposé-sondage ED/2011/4 sur les sociétés d’investissement qui devrait être le complément des nouvelles dispositions sur les comptes consolidés (IFRS 10, 11, 12 et IAS 28). Ce texte est ouvert à commentaires jusqu’au 5 janvier 2012.

 

En effet, le nouvel IAS 28 permet déjà, par exception, aux sociétés de capital-risque, les fonds de placement, les sociétés d’investissement à capital variable et les fonds d’assurance de consolider de traiter leurs participations dans les coentreprises et les sociétés associées selon les règle de l’IFRS 9.

 

Le projet prévoit d’étendre l’application (devenant obligatoire) de l’IFRS 9 à l’ensemble des participations détenues par des sociétés d’investissement dans des filiales, associées ou coentreprises.

 

Pour cette application, une société d’investissement devrait répondre aux critères suivants :

  • Avoir une activité principale d’investissement, explicitement prise envers ses investisseurs, pour une appréciation en capital ou en revenus (dividendes ou intérêts) ;
  • Ses capitaux propres sont constitués de parts donnant droit à une proportion des actifs nets ;
  • Les fonds de l’entité font partie d’un " pool de fonds " dont les investissements sont gérés sur la base de la juste valeur et l’entité publie des informations sur ceux-ci à l’intention de ses investisseurs.

A noter que si ces sociétés d’investissement appartiennent à un groupe qui n’est pas lui-même une société d’investissement, toutes les règles de consolidation (intégration globale ou mise en équivalence) s’appliquent alors à l’ensemble des participations financières ou non, au niveau de la société mère.

 

Exemple 1 :

  ED-2011-4-1

Le sous-groupe A présente ses comptes selon les règles de l’IFRS 9. Par contre le sous-groupe B et la société mère appliquent les règles de consolidation classiques (y compris pour C et toutes ses participations).

 

Exemple 2 :

ED-2011-4-2

Le sous-groupe C et la société mère A appliquent les règles de l’IFRS 9 pour toutes leurs participations directes ou indirectes. Le sous-groupe B applique les règles classiques de consolidation.

Par CHAUVEAU BERNARD - Publié dans : PROJETS DE NORMES IAS/IFRS - Communauté : actualités financières
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Lundi 9 mai 2011 1 09 /05 /Mai /2011 17:45

L’IASB a publié en avril une série d’exposés-sondages finals, dernière étape avant approbation des nouvelles normes, qui devraient modifier les règles actuelles régissant les comptes consolidés (IAS 27, 28 et 31).

 

Le nouveau schéma devrait être le suivant :

 

IAS 27 révisé : règles d’élaboration des comptes individuels

IFRS 10 : règles d’élaboration des comptes consolidés

IAS 28 révisé : règles relatives au traitement des participations dans les sociétés associèes ou en contrôle conjoint

IFRS 11 : règles relatives aux opérations conjointes

IFRS 12 : informations à publier concernant toutes les entités consolidées.

L’IAS 31 et le SIC 13 seraient abrogés.

 

1 - Le contenu de la future IAS 27 révisée :

 

Anciennement, l’IAS 27 traitait à la fois des comptes individuels et de ceux consolidés. Le problème a donc été éclaté en 2 normes distinctes : IAS 27 et IFRS 10.

 

Les comptes individuels sont ceux présentés dans l’un des cas suivants par:

- une entité mère ayant une ou plusieurs filiales en complément de ses comptes consolidés ;

- une entité mère dispensée de présenter des comptes consolidés (voir IFRS 10.4a) ;

- une entité n’ayant pas de filiales mais des participations dans une société associée ou en contrôle conjoint.

 

Dans le cadre des normes IFRS, cette présentation reste facultative dans tous les cas.

 

Les diverses participations dans des filiales, sociétés associés ou en contrôle conjoint sont évaluées  au coût ou à la juste valeur selon les règles de l’IFRS 9 (non encore validé par l’Union européenne). La mise en équivalence n’est plus autorisée. A noter que les participations évaluées au coût détenues à des fins de cession doivent respecter les dispositions de l’IFRS 5.

 

Les dividendes reçus de ces participations (dès que le droit est acquis) figurent au compte de résultat.

 

Lorsqu’une nouvelle entité est créée répondant à tous les critère suivants :

- La nouvelle entité acquiert le contrôle de l’ancienne par échange de titres,

- Les actifs et les passifs demeurent identiques,

- Les intérêts des anciens associés se retrouvent à l’identique dans la nouvelle structure,

 

Alors, si cette nouvelle entité retient l’évaluation au coût, celui-ci est la valeur comptable de l’ancienne entité.

 

Informations à publier :

- Le fait qu’il s’agit de comptes individuels ;

- La liste des principales participations dans des filiales et sociétés associées ou en contrôle conjoint,

- Les méthodes d’évaluations utilisées pour les participations.

 

Si ce texte est approuvé par l’IASB, il devrait entrer en vigueur pour les comptes ouverts au 1er janvier 2013, une application anticipée étant possible.

Par CHAUVEAU BERNARD - Publié dans : PROJETS DE NORMES IAS/IFRS - Communauté : actualités financières
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Mardi 3 mai 2011 2 03 /05 /Mai /2011 16:19

Le Board de l’IASB vient de publier en avril 2011 un exposé-sondage final (phase précédent la publication définitive d’une norme) sur l’évaluation à la juste valeur.

 

L’objectif de cette norme est de définir des règles d’évaluation à la juste valeur basées sur une valeur de marché et non sur des données propres à l’entreprise. Un premier exposé-sondage avait été publié en mai 2009 à ce sujet.

La juste valeur y est définie de la façon suivante :

 

La juste valeur est le prix qui serait reçu pour la vente d’un actif ou payé pour le transfert d’un passif lors d’une transaction ordonnée entre des intervenants du marché à la date d’évaluation.

 

Alors que le " prix de la transaction ", à l’origine, est le montant payé pour un actif ou reçu pour une dette (prix d’entrée), la juste valeur est le montant de vente de l’actif ou de transfert de la dette (prix de sortie), ce qui peut être diffrent.

 

Juste valeur des actifs :

 

Cette évaluation, propre à un élément d’actif particulier compte tenu de sa situation géographique et des restrictions éventuelles de cession ou d’utilisation qu’il peut comporter.

 

Le prix est celui du marché principal (ou du plus avantageux) sur lequel l’entité peut opérer et il tient compte de tous les éléments de fixation qu’un participant prend habituellement en compte.

 

Pour des actifs non financiers, la juste valeur est le montant le plus élevé de sa valeur d’utilisation ou de son prix de vente.

 

Juste valeur des dettes et des capitaux propres :

 

La valeur d’une dette est le montant qu’il serait nécessaire de verser sur le marché à un participant qui assumerait ensuite toutes les obligations existantes. Cette juste valeur ne serait donc pas le montant que le détenteur actuel de la dette pourrait payer pour se libérer par anticipation de celle-ci.

 

De même, la valeur des capitaux propres est calculée en considérant que ceux-ci resteraient en circulation avec tous les droits qui leurs sont actuellement attachés.

 

Lorsqu’un cours n’est pas disponible pour de telles dettes ou de tels capitaux propres, l’évaluation s’effectue sur la base du transfert d’éléments identiques par un participant qui les détient comme actifs. A défaut de cette référence, l’évaluation s’effectue sur la base d’un participant qui doit la dette ou a issu l’instrument de capitaux propres.

 

Les règles d’évaluation :

 

Les techniques d’évaluation utilisées doivent être appropriées aux circonstances, avec un nombre suffisant de données qui maximise celles qui sont observables.

 

Ces données sont hiérarchisées de la façon suivante :

 

Niveau 1 : cours non ajustés d’éléments (actifs ou passifs) identiques sur le principal marché auquel l’entité a accès ;

Niveau 2 : cours observables qui ne répondent pas aux critère du niveau 1 (par exemple, actifs ou passifs similaires, ajustement pour tenir compte de situations différentes) ;

Niveau 3 : données non observables. Celles-ci ne doivent être retenues qu’à défaut de disposer de celles d’un niveau supérieur.

Par CHAUVEAU BERNARD - Publié dans : PROJETS DE NORMES IAS/IFRS - Communauté : actualités financières
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Mercredi 6 avril 2011 3 06 /04 /Avr /2011 18:23

Après la publication de notre étude sur ce projet, nous ajoutons quelques réactions de l’IASB, du FASB, de l’ANC et de nous même.

 

Les réactions récentes de l’IASB et du FASB :

 

Lors de leur réunion du 29 mars dernier, les deux boards ont conclu tout d’abord que, pour les " bonnes créances ", le mécanisme du projet valait aussi bien pour les actifs acquis qu’émis par l’entité. Ils ont ensuite discuté du problème des produits financiers. Lorsqu’il s’agit d’acquisition de " mauvaises créances " avec des pertes très probables, ils considèrent qu’à la date d’acquisition, les intérêts reconnus seraient calculés sur les flux de trésorerie fusturs prévisibles (donc sur la base d’un taux effectif global fondé sur l’égalité du coût d’achat avec la valeur actuelle des flux de trésorerie futurs prévisibles). De ce fait, aucune dépréciation ne serait comptabilisée pour les intérêts théoriques non perçus.

 

Les commentaires de l’autorité des Normes Comptables :

 

Globalement, l’ANC souscrit aux dispositions du projet tout en émettant une importante réserve quant aux dispositions du " plancher " défini pour les " bonnes créances " car il considère que ce système revient en pratique à imposer une prise en compte immédiate des risques de pertes (comme pour les " mauvaises créances " )

 

Nos propres réactions :

 

Sur le principe de prise en compte immédiate pour les " mauvaises créances ", nous pensons que ce texte constitue un réel progrès.

 

Mais, pour les " bonnes créances ", le système comporte bien des imprécisions qui conduiront en pratique au mieux à une prise anticipée totale des risques et, au pire, à une situation finalement proche de celle de l’actuel IAS 39.

Comme le pense l’ANC, le plancher basé sur l’avenir prévisible laisse une marge de manœuvre considérable. Au plus juste, il s’agit des 12 prochains mois, ce qui nous rapproche sensiblement de la prise un compte d’un risque " avéré " déjà pris en compte par l’IAS 39. Au plus large, le " prévisible " s’apparente à l’horizon des " mauvaises créances " et la différence devient infime (seul décalage possible : celui de la longue période car les petite et moyenne seraient identiques).

 

L’actualisation sur la base d’un taux situé entre le taux d’intérêts effectif et celui sans rique ne contribue ni à la clarté des comptes ni à leur comparabilité. La prudence se trouve dans les taux faibles (sans risque) où la dépréciation est peu actualisée, donc élevée. Mais, pour les entités où le risque supporté devient un inconvénient (les entités qui ont subi le plus le poids des créances pourries lors de la dernière crise), la tentation pourrait être forte de signaler le risque en minimisant les conséquences par l’actualisation à un taux élevé (le taux effectif qui est d’autant plus élevé que le risque est fort).

 

Prenons un exemple simple : une créance risquée de 100 000. Le taux du marché pour celle-ci serait de 18 % alors que le taux sans risque est de 4 %. Le taux de risque est de 20 % (soit un risque nominal de 20 000). Sa valeur actuelle (donc la dépréciation) serait de :

Taux/échéance

5 ans

10 ans

15 ans

18%

8 742

3 821

1 670

5%

15 671

12 278

9 620

 

Tout le monde peut constater la distorsion et entre ces deux solutions extrêmes et la non comparabilité qu’elle entraîne, surtout dans le cas de créances à long terme (cas des " sub-primes " lors de la crise). On peut alors s’interroger fortement sur l’amélioration, en terme de prudence, d’une telle norme. Bien sûr il y a le " plancher " mais avec un minimum de 12 mois... Il ne faut pas ignorer que les " sub-primes " étaient de bonnes créances (à risque élevé) avant la crise et que c’est celle-ci qui les a fait brutalement basculer en " mauvaises ".

Par CHAUVEAU BERNARD - Publié dans : PROJETS DE NORMES IAS/IFRS - Communauté : actualités financières
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Mercredi 30 mars 2011 3 30 /03 /Mars /2011 18:31

3 - Le projet complémentaire publié en janvier 2011 :

 

Après de multiples concertations, le FASB et l’IASB sont arrivés à un compromis donnant naissance à la publication d’un exposé-sondage de janvier 2011 dit " complémentaire " modifiant celui de 2009. Ce texte ne concerne, pour le moment, que la dépréciation des portefeuilles d’actifs ouverts mais certaines dispositions peuvent éventuellement être élargies sans, pour le moment, concerner les créances commerciales qui demeurent soumises aux dispositions de l’actuel IAS 9.

 

Le portefeuille ouvert serait, pour la détermination des dépréciations uniquement, séparé en deux groupes d’actifs :

 

1 - Les " mauvaises créances " :

 

Le premier groupe comprend les " mauvaises créances " dont l’objectif de gestion de l’entité se concentre sur la seule récupération totale ou partielle de l’actif financier et non plus de recevoir des paiements périodiques. Souvent, dans ce cas, l’entité prend des dispositions personnalisées comme la résiliation des sûretés (saisie immobilière par exemple) ou d’une restructuration de la dette.

 

Pour ce groupe, la dépréciation doit comprendre l’intégralité des pertes attendues.

Cette solution, conforme au souhaits du FASB, ressemble fortement à la situation actuelle mais peut intervenir plus tôt que dans l’actuel IAS 39.

 

Exemple :

 

Soit un portefeuille au coût amorti dont le tableau d’amortissement comptable est le suivant :

 

 

 

 

 

N1

N2

N3

N4

N5

Dette au 1-1

100 500.00

82 606.37

63 671.89

43 636.00

22 434.63

Intérêts

5 846.01

4 805.15

3 703.75

2 538.28

1 305.01

-Amortissement

- 23 739.64

-23 739.64

-23 739.64

-23 739.64

-23 739.64

Dette au31-12

82 606.37

63 671.89

43 636.00

22 434.63

0.00

 

 

Fin N3, l’entité n’espère plus recouvrer que 60 % des sommes comptables dues sans aucun espoir de récupérer d’éventuels produits financiers.

La dépréciation à constituer est de 43 636 * 60 % = 26 181.60.

 

2 - Les " bonnes créances " :

 

Ce sont celles pour lesquelles la gestion de l’entité consiste à récupérer à la fois les sommes dues et tout ou partie des produits financiers qui y sont attachés.

 

Les pertes provisionnées à prendre en compte sont le montant le plus élevé :

- de celles attendues au prorata temporel ou

- de celles sur l’avenir prévisible qui ne doit pas être inférieur à 12 mois à compter de la date de clôture des comptes.

 

L’exposé-sondage ne donne pas de méthode pour l’estimation des pertes mais suggère que l’on retienne, par exemple, des projections à court et moyen terme fondées sur des données particulières et retenir un taux moyen de pertes pour le long terme. Il fixe cependant des règles pour le calcul des pertes attendues au prorata temporel :

- Soit : pertes prévisibles multipliées par le ratio [âge du portefeuille/durée de vie prévue]

- Soit : par un amortissement des pertes attendues sur la durée de vie résiduelle (calcul alors actualisé au taux notionnel " raisonnable " situé du taux sans risque au taux effectif).

A noter que l’âge et de la durée de vie attendue sont des moyennes pondérées recalculées chaque année.

 

Exemple :



L’entité gère un portefeuille ouvert de " bonnes créances " dont les flux de trésorerie sont les suivants pour un investissement initial de 650 000 :

 

N1

N2

N3

N4

N5

120 000.00

160 000.00

160 000.00

180 000.00

110 000.00

Le taux effectif de ce portefeuille est de 4 %. Elle applique le calcul de la dépréciation fin N3 pour la première fois.

Les pertes prévisibles sont les suivantes :

N4

N5

18 000.00

11 000.00

A - Calcul des pertes attendues au prorata temporel :

Il faut calculer l’âge moyen du portefeuille et sa durée de vie moyenne attendue :

Age moyen = (120 000 * 1 + 160 000 * 2 + 160 000 * 3)/(120 000 + 160 000 + 160 000) = 2.09 soit 2 pour simplifier.

Durée moyenne de vie (même principe de calcul sur les 5 ans) = 3 ans.

1 - Premier mode de calcul de la provision pour dépréciation : 29 000 * 2/3 = 19 333.

2 - Second mode de calcul : en retenant le taux effectif de 4 % comme base d’actualisation, la provision annuelle pour dépréciation de N3 et N4 sera égale à l’amortissement d’une somme de 29 000 sur 2 ans à 4 % soit 15 375.69.

B - Calcul des pertes attendues dans un avenir prévisible :

Pour simplifier, prenons le minimum imposé soit le montant des pertes prévues pour N4 de 18 000.

C - Provision à constituer :

Si l’on retient le premier calcul du prorata temporel, la provision sera de 19 333 sinon elle sera de 18 000.

Par CHAUVEAU BERNARD - Publié dans : PROJETS DE NORMES IAS/IFRS - Communauté : actualités financières
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Lundi 28 mars 2011 1 28 /03 /Mars /2011 18:02

2 - Les thèses en présence :

 

Après leur décision de réviser les normes sur les instruments financiers, chacun des Boards IASB et FASB ont réfléchi séparément à un nouveau traitement des risques sur créances pour tenter d’éviter les problèmes apparus lors de la crise financière.

 

Dans la norme actuelle IAS 39, seuls les risques avérés, répondant à des critères précis, entraînent la constitution d’une provision pour dépréciation. Pour les deux Boards, il est apparu nécessaire de tenir compte beaucoup plus tôt, lors de l’entrée à l’actif, non seulement des risques avérés mais aussi de ceux, potentiels, attachés aux actifs en fonction de leur degré de solvabilité. C’est sur la manière de les prendre en compte que les opinions étaient divergentes.

 

A - La position de l’IASB et son exposé-sondage d’octobre 2009 :

 

 

Lors de la publication du premier exposé-sondage sur le coût amorti et les dépréciations, l’IASB a affirmé son intention de mieux mettre en relief la rentabilité réelle des actifs financiers en tenant compte des risques d’insolvabilité. Pour ce faire, les risques potentiels d’insolvabilité sont pris en compte tout au long de la vie des actifs dans le calcul du taux effectif d’intérêts. Ainsi, à taux nominal équivalent, une créance à laquelle est assortie un risque important d’impayé a un taux d’intérêt effectif bien inférieur à une créance sans risque. En effet, la rentabilité se trouve diminuée par le risque d’impayé. Cette conception, complexe à mettre en oeuvre en pratique, étale le risque sur l’ensemble de la durée de vie de l’actif et s’adapte chaque année à son évolution.

 

Le principe est le suivant : on calcule en premier les risques prévisibles de défaillances en utilisant les sources disponibles. Ces risques sont pondérés par leur probabilité de survenance dans le temps et en volume.

 

Un premier taux d’intérêts effectif est calculé sans tenir compte de ces risques (taux actuellement utilisé dans l’IAS 39). Un second est ensuite calculé en tenant compte cette fois de ces probabilités d’impayés (celui-ci étant inférieur au précédent puisque le risque diminue la rentabilité). L’écart entre les deux calculs d’intérêts représente le poids du risque, comptabilisé sous forme de provision pour dépréciation.

 

Le produit financier initial (au taux effectif " normal ") était en fait diminué par le risque d’impayé (la provision).

Ce système complexe à mettre en oeuvre ne devait pas s’appliquer aux créances commerciales.

 

B - La position du FASB :

 

Pour les américains, l’objectif est avant tout de s’assurer que les risques, même potentiels, sur les créances sont suffisamment provisionnés à l’origine. Pour eux, il est nécessaire de provisionner l’intégralité des pertes estimées sur une période prévisible, celle-ci pouvant être inférieure à la durée de vie des actifs en fonction des informations fiables disponibles pour effectuer les prévisions de risques d’impayés.

 

Dans cette conception, l’intégralité des pertes prévisibles se trouve comptabilisée dès l’origine afin de constituer une " réserve " suffisante.

 

Le choix entre ces deux conceptions revenait à imputer la totalité du risque immédiatement (FASB) ou à l’étaler (IASB) mais aussi de privilégier la prudence (FASB) ou l’expression de la rentabilité effective (IASB) en comptabilité.

 

Exemple :

 

Une entité prête 100 000 sur 5 ans au taux nominal de 6 %, remboursable par annuités constantes. Les flux futurs à rembourser sont ainsi de 23 739.64 chaque année. Pour cette opération, l’entité supporte 500 de frais directs.

Le tableau de remboursement du prêt est le suivant :

 

N1

N2

N3

N4

N5

Dette au 1-1

100 000.00

82 260.36

63 456.34

43 524.08

22 395.89

Intérêts

6 000.00

4 935.62

3 807.38

2 611.44

1 343.75

-Amortissement

-23 739.64

-23 739.64

-23 739.64

-23 739.64

-23 739.64

Dette au31-12

82 260.36

63 456.34

43 524.08

22 395.89

0.00

 

Les flux de trésorerie pour le calcul du taux effectif d’intérêts sont les suivants :

N0

N1

N2

N3

N4

N5

100 500.00

-23 739.64

-23 739.64

-23 739.64

-23 739.64

-23 739.64

 

Le taux effectif ressort à 5.82 %.

 

Le tableau d’amortissement comptable est le suivant :

 

N1

N2

N3

N4

N5

Dette au 1-1

100 500.00

82 606.37

63 671.89

43 636.00

22 434.63

Intérêts

5 846.01

4 805.15

3 703.75

2 538.28

1 305.01

-Amortissement

- 23 739.64

-23 739.64

-23 739.64

-23 739.64

-23 739.64

Dette au31-12

82 606.37

63 671.89

43 636.00

22 434.63

0.00

 

A - Solution proposée par l’IASB :

 

Les risques de pertes prévisibles sont les suivants (nous considérons arbitrairement que l’horizon prévisible correspond à la durée de vie de l’actif) :

N1

N2

N3

N4

N5

15%

10%

5%

5%

5%

Les flux réels de trésorerie, compte tenu des risques d’impayé, sont les suivants :

N0

N1

N2

N3

N4

N5

100 500.00

-20 178.69

-21 365.68

-22 552.66

-22 552.66

-22 552.66

 

Le taux effectif tenant compte du risque tombe à 2.78 %, ce qui correspond à la rentabilité réelle de cet actif. C’est celle-ci qui doit, selon l’IASB, apparaître dans le compte de résultat.

 

Le tableau d’amortissement à ce taux est le suivant :

 

N1

N2

N3

N4

N5

Dette au 1-1

100 500.00

83 116.30

64 062.15

43 291.12

21 942.42

Intérêts

2 794.99

2 311.53

1 781.62

1 203.96

610.24

-Amortissement

- 20 178.69

-21 365.68

-22 552.66

-22 552.66

-22 552.66

Dette au 31-12

83 116.30

64 062.15

43 291.12

21 942.42

-

 

La rentabilité réelle est indiquée en annexe par trois lignes d’information :

Produits initiaux

5 846.01

Pertes prévues

- 3 051.03

Produits nets

2 794.99

3 051.3 = 5 846.01 - 2 794.99 (Intérêts théoriques - intérêts réels).

 

Les écritures (approximatives, la norme restant vague sur ce point tout en précisant l’obligation de passer par un compte de " provisions pour dépréciation ") :

Créances

 

100 500.00

 

 

Trésorerie

 

100 500.00

Créances

 

5 846.01

 

 

Provision

 

3 051.03

 

Produits financiers

 

2 794.99

Trésorerie

 

20 178.69

 

 

Créances

 

20 178.69

 

B - Solution proposée par le FASB :

 

Les pertes prévisibles sont prises en compte immédiatement (nous les actualisons au taux effectif d’intérêt initial de 5.82 % bien que cette solution ne soit pas forcément celle qui aurait été retenue si le projet avait été validé) :

 

N0

N1

N2

N3

N4

N5

Non actualisées

109 202.34

-20 178.69

-21 365.68

-22 552.66

-22 552.66

-22 552.66

Actualisées

92 171.47

-19 069.44

-19 081.23

-19 034.10

-17 987.76

-16 998.94

 

La provision pour dépréciation serait de 105 000 - 92 171.47 = 8 328.53 et le tableau d’amortissent (sur la valeur comptable nette de la créance, au taux effectif d’intérêts) de :

 

N1

N2

N3

N4

N5

Dette au 1-1

92 171.47

77 354.32

60 488.29

41 454.20

21 312.90

Intérêts

5 361.55

4 499.65

3 518.56

2 411.36

1 239.76

-Amortissement

- 20 178.69

-21 365.68

-22 552.66

-22 552.66

-22 552.66

Dette au 31-12

77 354.32

60 488.29

41 454.20

21 312.90

0.00

 

Comme nous le verrons par la suite, le compromis, tout aussi complexe nous semble-t-il, applique finalement les deux conceptions en privilégiant toutefois la solution du FASB.

Par CHAUVEAU BERNARD - Publié dans : PROJETS DE NORMES IAS/IFRS - Communauté : actualités financières
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Mercredi 16 mars 2011 3 16 /03 /Mars /2011 12:06

Projet complémentaire ED/2009/12 de janvier 2011 sur la dépréciation des portefeuilles ouverts d'actifs financiers

 

Après la publication de la norme IFRS 9 sur la valorisation et la comptabilisation des actifs financiers en novembre 2009 et des dettes financières en octobre 2010, l’IASB et le FASB continuent leurs travaux de révision de l’IAS 39. En dehors du projet sur les opérations de couverture, ils se préoccupent de la dépréciation des créances financières. Ce problème est central puisqu’à l’origine de la crise financière due aux actifs toxiques détenus par les institutions financières. Il devrait conduire à une comptabilisation plus rigoureuse des risques sur créances, mais il reste particulièrement complexe.

 

D’un commun accord, le problème des créances commerciales classiques est laissé de côté. Pour le reste, selon la nouvelle IFRS 9, les créances détenues sont exprimées soit en juste valeur soit au coût amorti selon l’objectif de gestion de l’entité. Dans le premier cas, les risques sont intégrés à la juste valeur. Reste le problème de la gestion au coût amorti. La gestion de telles créances s’effectue principalement selon deux modalités de gestion, un portefeuille fermé ou ouvert :

 

1 - Dans un portefeuille fermé les créances y entrent par émission ou acquisition uniquement à l’origine de celui-ci. Elles en sortent par la suite par cession, transfert, annulation ou remboursement.

2 - Dans un portefeuille ouvert, les créances entrent en permanence par émission ou acquisition tout au long de la durée de vie du portefeuille et en sortent par cession, transfert, annulation ou remboursement.

 

Le projet ne vise que la seconde catégorie (portefeuilles ouverts), mais les commentaires attendus devraient également porter sur la possibilité d’en faire une règle générale (concernant les deux formes de gestion) ou la nécessité de concevoir deux modèles de dépréciation distincts.

 

Lors des premières discussions, des divergences profondes sont apparues entre la méthode proposée par le FASB et celle par l'IASB pour, finalement, arriver à une solution de compromis dans le projet.

 

Notre propos se développera en trois parties, la première reprenant la solution actuelle de l’IAS 39 sur le seul point des portefeuilles ouverts de créances et de prêts. La seconde concernera la description des thèses initiales du FASB et de l’IASB. La troisième résumera le contenu du projet.

 

1 - Le contenu de l’IAS 39 en ce domaine :

 

 

La dépréciation, de manière générale, est ainsi définie dans l’IAS 39.59 :

 

Un actif financier ou un groupe d'actifs financiers est déprécié et des pertes de valeur sont encourues si et seulement s'il existe une indication objective de dépréciation résultant d'un ou de plusieurs événements intervenus après la comptabilisation initiale de l'actif (un "événement générateur de pertes") et que cet (ou ces) événement(s) générateur(s) de pertes a (ou ont) un impact sur les flux de trésorerie futurs estimés de l'actif financier ou du groupe d'actifs financiers, qui peut être estimé de façon fiable. Il peut s'avérer impossible d'identifier un événement isolé et discret à l'origine de la dépréciation. Au contraire, l'effet combiné de plusieurs événements peut avoir causé la dépréciation.

 

Ce texte limite la dépréciation à des " évènements intervenus ", ce qui exclut des risques futurs pressentis ou prévisibles. Le même paragraphe fournit une liste de situations qui constituent une indication objective de dépréciation :

 

a) des difficultés financières importantes de l'émetteur ou du débiteur;

b) une rupture de contrat telle qu'un défaut de paiement des intérêts ou du principal;

c) l'octroi, par le prêteur à l'emprunteur, pour des raisons économiques ou juridiques liées aux difficultés financières de l'emprunteur, d'une facilité que le prêteur n'aurait pas envisagée dans d'autres circonstances;

d) la probabilité croissante de faillite ou autre restructuration financière de l'emprunteur;

e) la disparition d'un marché actif pour cet actif financier, à la suite de difficultés financières; ou

f) des données observables indiquant une diminution évaluable des flux de trésorerie futurs estimés provenant d'un groupe d'actifs financiers depuis la comptabilisation initiale de ces actifs, bien que la diminution ne puisse pas encore être rattachée à chaque actif financier du groupe, y compris:

i) des changements défavorables de la solvabilité des emprunteurs du groupe (par exemple, une augmentation du nombre de retards de paiements ou une augmentation du nombre d'emprunteurs par carte de crédit qui ont atteint leur limite d'autorisation et paient le montant minimal mensuel); ou

ii) une situation économique nationale ou locale corrélée avec les défaillances sur les actifs du groupe (par exemple, augmentation du taux de chômage dans la zone géographique des emprunteurs, baisse des prix immobiliers pour les prêts hypothécaires dans la région concernée, baisse des prix du pétrole pour les actifs financés au profit des producteurs de pétrole, ou des changements défavorables de la situation du secteur affectant les emprunteurs du groupe).

 

Ainsi, la hausse prévisible des taux d’intérêts pouvait faire craindre que des ménages se trouvent en difficultés pour régler leurs échéances à taux variables, mais, tant que leur situation ne les contraignait pas à différer ou supprimer leurs paiements, aucune dépréciation n’était à effectuer. D’ailleurs, très clairement, l’annexe AG90 donne un exemple qui confirme la nécessité d’un " fait passé ".

 

Selon ce paragraphe 59, la règle s’applique aussi bien à des actifs pris individuellement, qu’à des groupes homogènes d’actifs, donc à des portefeuilles ouverts ou fermés.

 

Pour évaluer la dépréciation, l’entité doit séparer ses créances en deux catégories. La première regroupe celles pour lesquelles une évaluation du risque se fait créance par créance. La seconde regroupe les autres créances pour lesquelles le risque est évalué globalement.

 

Lorsqu’une dépréciation est constatée, le paragraphe 63 prévoit que la perte soit la différence entre la valeur comptable de (ou des) actif(s) et la valeur actuelle des flux de trésorerie futurs actualisés au taux d’intérêt effectif. La dépréciation affecte le résultat soit en étant directement imputée à la valeur comptable de l’actif, soit par le biais d’un compte de correction de valeur (compte de " provision pour dépréciation " selon nos règles comptables françaises).

 

63 S'il existe des indications objectives d'une perte de valeur sur prêts et créances ou sur des placements détenus jusqu'à l'échéance comptabilisés au coût amorti, le montant de la perte est égal à la différence entre la valeur comptable de l'actif et la valeur actuelle des flux de trésorerie futurs estimés (hors pertes de crédit futures qui n'ont pas été encourues), actualisée au taux d'intérêt effectif d'origine de l'actif financier (c'est-à-dire au taux d'intérêt effectif calculé lors de la comptabilisation initiale). La valeur comptable de l'actif doit être réduite soit directement, soit via l'utilisation d'un compte de correction de valeur. Le montant de la perte doit être comptabilisé au compte de résultat.

 

Exemple :

 

Une entité a accordé un prêt de 100 000 sur 5 ans au taux de 6 % en supportant 500 de frais d’émission. Le remboursement s’effectue par annuités constantes d’un montant de 23 739.64 chacune.

 

Tableau de remboursement du prêt (au taux du contrat de 6 %) :

 

N1

N2

N3

N4

N5

Dette au 1-1

100 000.00

82 260.36

63 456.34

43 524.08

22 395.89

Intérêts

6 000.00

4 935.62

3 807.38

2 611.44

1 343.75

-Amortissement

- 23 739.64

- 23 739.64

- 23 739.64

- 23 739.64

- 23 739.64

Dette au31-12

82 260.36

63 456.34

43 524.08

22 395.89

0.00

 

Le taux d’intérêt effectif est de 5.82 % (taux qui, actualisant les 5 annuités, correspond à la somme déboursée par le prêteur = 100 000 + 500).

 

Tableau d’amortissement comptable du prêts (au taux d’intérêts effectif de 5.82 %) :

 

N1

N2

N3

N4

N5

Dette au 1-1

100 500.00

82 606.37

63 671.89

43 636.00

22 434.63

Intérêts

5 846.01

4 805.15

3 703.75

2 538.28

1 305.01

-Amortissement

- 23 739.64

- 23 739.64

- 23 739.64

- 23 739.64

- 23 739.64

Dette au31-12

82 606.37

63 671.89

43 636.00

22 434.63

0.00

 

Fin N2, après paiement de 2 annuités, la valeur comptable de la créance est de 63 671.89.

 

Le débiteur devant faire face à de sérieuses difficultés financière, on estime qu’il risque de ne pouvoir payer que 80 % environ de chacune de ses 3 dernières échéances. La valeur actuelle de ces flux futurs de trésorerie, au taux d’intérêt effectif de 5.82 % est de 50 937.51.

 

L’entité prêteuse constatera une dépréciation de 63 671.89 - 50 937.51 = 12 734.38.

 

Tableau révisé d’amortissement comptable du prêt fin N2 (au taux effectif d’intérêts de 5.82 %)

 

N3

N4

N5

Dette au 1-1

50 937.51

34 908.80

17 947.71

Intérêts

2 963.00

2 030.62

1 044.01

-Amortissement

- 18 991.71

- 18 991.71

- 18 991.71

Dette au31-12

34 908.80

17 947.71

-

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Jeudi 10 février 2011 4 10 /02 /Fév /2011 11:50

Comptabilisation des opérations de couverture de cash flow :

 

Une couverture de cash flow porte sur le risque liés à des cash flows futurs (intérêts à payer) ou des opérations hautement probables qui pourront affecter les pertes et les profits.

Durant la période de couverture, le traitement comptable est le suivant :

- La partie effective de la variation est inscrite dans un compte de " réserves de couverture " (" hedging reserves " dans le format de bilan fourni dans la version XBRL des états financiers à publier). Cette partie est limitée au plus petit du cumul des gains ou pertes sur l’instrument de couverture ou du cumul des variations de juste valeur (en valeur actuelle) de l’élément couvert.

- La contrepartie est inscrite en résultat global (profits ou pertes bruts sur couvertures de cash flows).

- La partie ineffective est inscrite en résultat.

Dès que l’opération de couverture cesse, le cumul inscrit en " réserves de couverture " est :

- Imputé directement à la valeur comptable si la couverture porte sur l’acquisition d’un actif non financier ;

- ou autrement, reclassé en pertes et profits au résultat en fonction de la survenance des cash flows couverts.

Si l’opération de couverture est interrompue, la " réserve de couverture " est conservée s’il est probable (et non plus hautement probable) que les cash flows surviennent ou reclassée en résultat dans le cas contraire.

 

Exemple de couverture de cash flows d’intérêts

 

Début N1, une entreprise souscrit un emprunt à taux variable de 100 000 remboursable fin NX. Elle se protège contre l’évolution des taux d’intérêts pour l’exercice N par le biais d’un contrat de swap. Sur la base du taux initial du prêt, les intérêts à payer fin N1 sont à 6% mais, fin N1, le taux réel est passé à 7.5%. A cette même date, le contrat de swap dégage un profit de 1 600.

 

Début N1 aucune écriture n’est passée (sauf éventuellement pour mémoire), puisque la juste valeur du swap est nulle et que l’objet couvert est un futur cash flow.

 

Ecritures fin N1 relatives à l’opération de couverture :

 

La variation de l’objet couvert (les intérêts) est de 1 500 et celle de l’instrument de couverture (le swap) de 1 600. Une " réserve de couverture " est constituée pour le montant le plus petit de la variation de l’objet couvert et de celle de l’instrument de couverture, soit 1 500. La contrepartie figure au résultat global (" Pertes brutes sur couvertures de cash flows "). La variation de valeur de l’instrument de couverture (le swap), est inscrite à l’actif (puisqu’il s’agit d’un gain) avec, en contrepartie, un gain de 1 500 en résultat global (" Gains bruts sur couvertures de cash flows ") et un profit de 100 dans le compte de résultat (" produits financiers ")

 

 

 

Pertes brutes sur couvertures de cash flows 

1 500

 
 

Réserve de couverture 

 

1 500

Swap de taux d’intérêts

1 600

 
 

Gains bruts sur couvertures de cash flows

 

1 500

 

Produits financiers

 

100

 

l’entreprise paie les intérêts de 7 500 et encaisse le profit provenant du swap et solde la réserve de couverture :

Charges financières

1 500

 
 

Trésorerie

 

1 500

Trésorerie

1 600

 
 

Swap de taux d’intérêts

 

1 600

Réserve de couverture

1 500

 
 

Couverture de cash flows transférée au résultat

 

1 500

 

Si le gain réalisé par l’opération de swap n’avait été que de 1 450, la réserve aurait été limitée à ce montant et il n’y aurait pas de partie ineffective de la variation de l’instrument de trésorerie. Les écritures auraient été les suivantes fin N1 :

Pertes brutes sur couvertures de cash flows 

1 450

 
 

Réserve de couverture 

 

1 450

Swap de taux d’intérêts

1 450

 
 

Gains bruts sur couvertures de cash flows

 

1 450

Charges financières

1 500

 
 

Trésorerie

 

1 500

Trésorerie

1 450

 
 

Swap de taux d’intérêts

 

1 450

Réserve de couverture

1 450

 
 

Couverture de cash flows transférée au résultat

 

1 450

 

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